Le système de grades au judo
Les ceintures de couleur (kyu)
Chez les débutants et pratiquants intermédiaires, on progresse du blanc jusqu’au marron. Ces grades correspondent avant tout à l’apprentissage des fondamentaux.
Les dan : la maîtrise
La ceinture noire marque l’entrée dans les grades dan. À partir de là, la progression reflète l’expertise technique, l’enseignement, l’implication dans le judo et le respect des valeurs de la discipline.
Les ceintures supérieures : rouge et blanche, puis rouge
- 6e et 7e dan → ceinture rouge et blanche
- 8e, 9e, 10e dan → ceinture rouge
Ces grades prennent souvent plusieurs décennies. Ils récompensent autant le parcours que la technique.
Pourquoi les judokas n’utilisent-ils presque jamais leur ceinture rouge et blanche ?
Moins de 1 % des judokas atteignent le 6e dan. La ceinture rouge et blanche est donc intrinsèquement rare, ce qui limite naturellement sa présence sur les tatamis.
Une ceinture surtout symbolique
Elle est portée lors de :
- cérémonies (remises de grade, kagami-biraki),
- démonstrations techniques,
- stages officiels où l’on met en avant les hauts gradés.
Elle représente l’aboutissement d’un long parcours, davantage qu’un accessoire de pratique.
Une règle traditionnelle : pas de randori ni de shiai avec ces ceintures rouges et blanches
Dans la culture dojo, on enseigne qu’on ne fait ni randori (combat d’entraînement), ni shiai (compétition) avec une ceinture rouge et blanche ou rouge.
Ces ceintures sont considérées comme :
- des ceintures de représentation,
- réservées au test (examen technique) ou aux démonstrations,
- trop prestigieuses ou épaisses pour un travail intensif.
Une question de règlementation en compétition
En compétition, les judokas doivent porter :
- un judogi bleu ou blanc,
- une ceinture blanche ou bleue/rouge selon les règles, mais jamais leur grade réel.
Les ceintures de grade ne sont donc pas autorisées en combat officiel, même pour les hauts gradés.
Une question de confort et de préservation
Les ceintures rouges et blanches sont plus épaisses, plus rigides, moins adaptées aux randori et sujettes à l’usure. Beaucoup préfèrent préserver ce symbole.
Une fonction hiérarchique : désigner le responsable du tatami
Dans certains stages ou dojos où plusieurs hauts gradés sont présents en même temps, une règle implicite existe :
Une seule ceinture rouge et blanche est portée sur le tatami.
Elle sert alors à identifier :
- le haut gradé responsable de la séance,
- la personne en charge des démonstrations,
- le référent technique du groupe.
Cette coutume renforce la fonction symbolique et hiérarchique de la ceinture.
Une pratique historique : la seconde ceinture blanche ou rouge
Avant la généralisation du judogi bleu et des règles modernes, en compétition, les deux combattants étaient presque toujours ceintures noires. Pour les différencier, on utilisait parfois :
- une seconde ceinture blanche,
- ou une seconde ceinture rouge
portée par-dessus la ceinture noire habituelle.
Cette pratique a disparu au profit d’identifiants plus modernes, mais elle explique l’idée que certaines ceintures servaient historiquement à distinguer les combattants.
Pourquoi Teddy Riner ne porte-t-il pas la ceinture rouge et blanche ?
Teddy Riner est 6e dan, donc autorisé à la porter, mais il utilise quasiment toujours la ceinture noire. Plusieurs raisons expliquent cela :
Un choix philosophique
Dans la tradition du judo, on dit que :
« Nous avons tous commencé ceinture blanche. La ceinture se noircit avec le temps, la sueur, les années de pratique. »
La ceinture noire est donc le symbole du chemin parcouru et de l’humilité. Beaucoup de champions préfèrent rester avec ce symbole fort plutôt que d’utiliser leur ceinture rouge et blanche.
Confort et usage quotidien
Le haut niveau nécessite un équipement simple, pratique et robuste — une ceinture noire standard correspond parfaitement à ces besoins.
Judokas célèbres ayant porté la ceinture rouge et blanche ou rouge
Ceinture rouge et blanche (6e–7e dan)
| Judoka | Grade |
|---|---|
| Teddy Riner | 6e dan |
| David Douillet | 6e dan |
| Frédérique Jossinet | 6e dan |
| Jean-Luc Rougé | Avant son 9e dan |
| Yasuhiro Yamashita | Avant son 8e dan |

Ceinture rouge (8e–10e dan)
| Judoka | Grade |
|---|---|
| Kyuzo Mifune | 10e dan |
| Ichiro Abe | 10e dan |
| Toshiro Daigo | 10e dan |
| Henri Courtine | 10e dan (FFJDA) |
| Jean-Luc Rougé | 9e dan |
Ce que représente réellement cette ceinture
La ceinture rouge et blanche exprime :
- une haute maîtrise technique,
- des décennies de pratique,
- un engagement dans l’enseignement,
- la mission de transmission et d’exemplarité.
Elle n’est pas un outil sportif : elle est la reconnaissance d’une vie consacrée au judo.
Si les judokas n’utilisent presque jamais leur ceinture rouge et blanche, c’est parce qu’elle est avant tout :
- symbolique,
- hiérarchique,
- non adaptée au combat,
- réservée aux démonstrations et événements officiels.
Elle représente un chemin exceptionnel que très peu de pratiquants atteignent. Comme le dit la philosophie du judo : « Ce n’est pas la couleur de la ceinture qui compte, mais le chemin qu’elle raconte. »

